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mardi 1 octobre 2019

Allez! Ne manquez pas le jardin des lumières!!!





 Texte original d’Esther Hardy
Crédits  photos : Esther Hardy


Le rendez-vous automnal du jardin des lumières brille à nouveau de ses feux colorés pour nous charmer dans sa féerie nocturne annuelle dans le Jardin Botanique réaménagé pour l’occasion! Trois jardins culturels sont revêtus de cette ambiance féerique. Accueilli par les lanternes chinoises aux mille couleurs, on ne se lasse pas de leur beauté…







Créés selon la tradition millénaire chinoise, les visiteurs amorcent leur promenade dans les cours intérieures du Jardin de Chine où même les bonzaïs savamment illuminés dans la pénombre semblent encore plus impressionnants. La magie renaît dès qu’on aperçoit les nombreuses lampes flottantes qui illuminent le bassin principal devant le grand pavillon de Chine. Les reflets sur l’eau, la cascade qui scintille et les arômes du thé chinois nous embaument tout à la fois. Le dépaysement est total et on oublie qu’on est à quelques pas du quotidien de béton.





Les Montréalais peuvent se vanter d’être choyé de pouvoir déambuler dans le Jardin botanique au cœur de la ville. Ce plongeon en nature, aussi léger soit-il, permets de reprendre son souffle, trop souvent esseulé sur la froideur routinière des pavés cimentés du centre-ville.  On peut dire que ce poumon citadin nous permet de respirer au milieu d’une vie trépidante d’activités culturelles. 





C’est ce qu’on s’est dit dès l’entrée de notre visite et tout particulièrement lorsque nous avons croisé un groupe de jeunes artistes punk directement débarqué de Québec, aller-retour le même jour, pour profiter de cette beauté nocturne qui disons-le, est si facile d’accès pour les Montréalais.





Nous nous sommes à nouveau émerveillés dans le jardin des Premières nations en assistant au spectacle multimédia savamment projeté sur un peuplier géant, symbolisant le sacré de l’arbre maître du lieu qui traverse toutes les saisons avec une cohorte d’animaux de la forêt en de généreuses couleurs…





Le Jardin japonais quant à lui, nous a malheureusement été obstrué par une gardienne trop zélée qui se trompait de directives selon les agents rencontrés plus loin dans le parcours… Ne vous en faites pas, la promenade enchanteresse de cette balade nocturne nous avait déjà conquis bien avant cette mésaventure de fin de parcours!





Et pour goûter le meilleur, on vous conseille d’arriver en fin d’après-midi pour profiter judicieusement de la floraison et des coloris automnaux que revêtent toute la riche nature du jardin, pour ensuite poursuivre à la pénombre jusqu’à la noirceur afin de goûter aux lanternes et à tout l’aménagement qui rends cette visite d’autant plus charmante.




Hâtez-vous, il vous reste encore jusqu’au 31 octobre pour profiter de cette balade nocturne enchanteresse.



samedi 8 septembre 2018

Féerie lumineuse au Jardin botanique



Texte original d'Esther Hardy

Crédits photos: Claude Lafond et Jean-François Hamelin

Le Jardin botanique revêt ses plus beaux atours dans sa nouvelle mouture du « Jardin des lumières » automnale. Pour cette 7e édition, nous avons droit à un parcours de trois jardins culturels illuminés, soit comme à l’habitude le Jardin de Chine, puis le Jardin des Premières nations et finalement, le Jardin japonais.


Et pour rendre cette visite encore plus agréable, L’espace pour la vie innove avec des réservations à l’avance, par tranche horaire, pour éviter que les visiteurs marchent à la file indienne dans les sentiers, se cognent sur les talons les uns des autres et ainsi perdent le plaisir ! Une excellente initiative qui permettra de visiter librement ce parcours enchanteur et de se délecter à sa guise de la féerie des lieux.





Autre innovation appréciable qui a retenu notre attention…
Pour la seconde année, le Jardin des premières nations emboîte le pas et pour cette 7e édition, ils nous offrent une féerie sylvestre qui débute par une promenade déambulatoire parmi des projections étoilées dans les sous-bois et qui à son apogée, se termine par une expérience multimédia, une magnifique dramatisation filmée sur l’arbre sacré! Franchement, très agréable!!








Comme toujours, le Jardin de Chine s’est paré de magnifiques lanternes flottantes!  Cette année, elles racontent une histoire de pêche avec des figures mythiques associées à l’eau. La visite se conclue au Jardin japonais, où l’on retrouve le calme proverbial de cette tradition dans une contemplation de la nature sous un éclairage poétique. 






Revenons à la beauté de ces lumières… Les lanternes sur l’eau nous ont encore une fois éblouis, celles dans les sentiers rendent les lieux toujours aussi féeriques, mais c’est celui des Premières nations qui nous a le plus enchanté! Marcher dans la noirceur guidée par ces jolies lumières est comme marcher dans un rêve éveillé… On se sent à la frange de la réalité…





L’ouverture et la disponibilité des bénévoles nous ont étonnés. Au lieu d'encadrer le public avec une rigidité excessive ce qui deviendrait désagréable, ils l’accueillent avec leurs délicieuses pâtisseries aux graines de lotus et leur thé au jasmin, cherchant à contribuer à notre plaisir et à notre belle visite. Jouant leur rôle avec élégance et courtoisie, ils nous offrent des sièges improvisés durant la dégustation, sans limiter l’espace de repos nécessaire de cette agréable randonnée. 





Cette visite annuelle est toujours un rendez-vous enchanteur en ce début d’automne. Nous avons beaucoup aimé notre soirée sous les étoiles et comptons même y retourner avant la fin le 1er novembre…


N’oubliez pas votre caméra… les images souvenirs en valent vraiment le détour!


Bonne visite…


Voici le lien pour réserver:

Sélectionner Le Jardin des Lumières et tout ce que vous désirez voir!

vendredi 6 octobre 2017

François Morelli donne de l'oxygène

François Morelli donne de l'oxygène

Publié par Esther Hardy le Ven. 6 octobre 2017 à 15h00 - Contenu original
Exposition, 1700 La Poste, Esther aux premières loges, François Morelli, Les éditions de Mévius, Multidisciplinarité, Peinture, Sculpture

Crédit photos: Guy L'Heureux


« Assez fou pour être vraiment talentueux! », voilà ce que son professeur new-yorkais dit de François Morelli. Une judicieuse rétrospective des œuvres de cet artiste montréalais, talentueusement multidisciplinaire, est exposée à la galerie 1700 La Poste jusqu’au 17 décembre.





François Morelli
feuilletant ses cahiers


Cet artiste prolifique a un univers riche et très varié: de la sculpture, des peintures, des estampes, autant que de l’aquarelle, du pochoir, de l'encre...Et même des objets quotidiens qu’il sculpte au gré de son imagination, comme des ceintures ou du fil de fer. Les médiums n’ont pas de limite à son inspiration, et sa liberté de création est étonnante!





La femme loup (2015)
Encre et tampon encreur sur papier


L’exposition nous fait voyager dans son monde de couleurs et de formes sur de magnifiques murales, de gigantesques peintures où le macrocosme et la minutie du microcosme se côtoient harmonieusement. Ses sculptures de métal trônent au-devant de ses murales. Ses aquarelles fascinent par la richesse des couleurs, autant que sa suite de peintures monochromes qu’il utilise pour s’exprimer autrement. On peut aussi découvrir une sculpture de forme imaginaire qui illustre sa conception de l’union des sexes, et qu'il a portée sur son dos à travers plusieurs continents! L’exposition réunit donc les œuvres issues de ses nombreuses années de création, et réalisées par le biais de différents médiums.




À la frontière entre deux mondes XXXI (recto et verso, 1989)

Encre sur papier


Dans un esprit de discipline libre, François Morelli dessine chaque jour dans un cahier, cumulant ainsi un impressionnant nombre de créations au fil des ans. Parmi cette effervescence, des cahiers choisis font partie de l’exposition. Compte tenu de la quantité phénoménale produite en plus de quarante ans de pratique, une judicieuse sélection s’imposait parmi toutes ses œuvres.

La variation de son désir de création l’a amené tout autour du monde, et nous avons le loisir d’en découvrir une grande part au 1700 La Poste.


Pour vous donner un avant-goût, voici une vidéo de l’exposition : François Morelli


Rares sont les artistes qui ont la capacité d‘être talentueux, autant sur de très grandes surfaces que dans le fin détail de lignes d’une peinture. Son talent se confirme avec justesse dans ces univers opposés qui, sur ses toiles, se fondent et deviennent parfaitement complémentaires. La finesse des formes et des lignes s’agence parfois à un dessin ou à une forme plus brute qui, au final, produit des contrastes harmonieux. Plusieurs de ses peintures sont d’ailleurs ornées de fleurs rouges qui, pour lui, symbolisent la vie et la joie de vivre. Capable de les peindre sans tomber dans le déjà-vu, il prône la liberté de création sous tous ses aspects, même dans ce qui a déjà été fait à maintes reprises. Non pas par mimétisme, mais bien pour la pure liberté d’expression et de création, sans aucun préjugé et selon ses désirs du moment!





Belthead I (1998)
Ceintures, rivets, bloc de béton et miroir


François Morelli ne craint pas l’immersion de son art aux formes inusitées dans la rue, créant et s’inspirant du contact avec les gens qu’ils croisent… Et les souvenirs mémorables ne manquent pas, lorsqu’un artiste audacieux fait le tour de plusieurs pays avec une œuvre sur son dos. Parmi les aventures que son geste audacieux a suscitées, il a croisé un homme qui lui a offert de lui acheter la sculpture qu’il transportait, simplement pour ne plus le voir la trimbaler!


Riches et nourrissantes pour lui, l’artiste goûte les anecdotes savoureuses que son art provoque chez l’autre. Appréciant la spontanéité de ces rencontres impromptues, il aime voir se révéler l'impact que ses créations ont sur ces personnes. Plus qu’une étude de mœurs, elles deviennent un lieu d’apprentissage sur la réception de son art, et ce, chez différents publics. De là, l’idée de voyager dans plusieurs pays pour provoquer, voir et connaître ce qui advient de ces rencontres improvisées.




Colossal Head III (2006)
Encre sur papier

Issu de l’ancien quartier italien de la rue Ontario, François Morelli grandit entre une mère très ouverte d'esprit et un père qui lui donne une éducation empreinte d’un grand désir de s’épanouir. Sa mère admire les artistes, et la seule autre profession qu’elle espère lui voir adopter, est médecine. Puisque selon elle, les deux professions donnent de l’oxygène, elle est ravie de le voir entrer aux Beaux-Arts en peinture et dessin à l’Université Concordia. Son baccalauréat en poche, il expose à la galerie Don Stewart et participe à l’élaboration du centre Articule. Puis, c’est à New York au Mason Gross Scholl of the Arts de l’Université Rutgers qu’il poursuit sa maîtrise en installation et performance. C’est à ce moment qu’il cherche la rencontre avec son public dans les quartiers de la métropole new-yorkaise et, ensuite, le goût de voir du pays le propulse un peu partout sur la planète jusqu’à trimbaler ses œuvres de gauche à droite.


Sa démarche artistique est caractérisée par sa liberté de création, alliée à un puissant désir de pousser son travail pour découvrir ce qui est essentiel. Il a l’audace de faire fi des jugements, quitte à avoir l’air d’un hurluberlu en suivant son instinct. Cette étincelle puissante de création provient de l’éducation privilégiée qu’il a reçue, et de l’époque d’effervescence des années soixante dans laquelle il a grandi, où un projet de société et la liberté d’être primaient sur tout!




François Morelli

Ayant acquis une grande compétence dans l’utilisation de ses outils de travail, il ne questionne pas ses habiletés et il a une grande assurance. Ses années d’expérience lui ont appris à avoir une totale confiance en son instinct de création. En pleine possession de ses moyens, il laisse ses véhicules le guider vers où son imaginaire le porte, puis raffine et peaufine l’œuvre jusqu’à sa pleine satisfaction. Autant, il a une liberté de pensée, autant il a confiance et laisse sa main révéler le dessin en ayant l’assurance qu’une création authentique en ressortira au bout du processus.


On saisit son talent exceptionnel d’enseignant. Capable de laisser libre cours à son imaginaire, François Morelli met au monde des artistes en leur enseignant à se libérer de leur propre limitation de création, afin de concevoir en toute liberté et suivre leur inspiration dans tous les recoins de leur imaginaire! Après avoir enseigné à l'Université Rutgers à New York, à l'Université du Québec à Trois-Rivières, il est de retour à l'Université Concordia depuis 1996. Sa pratique personnelle s'est toujours poursuivie en parallèle de sa vocation d'enseignant.


Conscient des univers qui se côtoient dès que le public porte un regard sur ses œuvres, il apprend sur lui-même et se nourrit de ces perceptions et interprétations. Autant il désire s’émerveiller lui-même, autant il désire émerveiller l’autre! Et de là, découle la célébration du moment empreint d’une prise de conscience de l’aspect vital et fragile de l’existence!



À la frontière entre deux mondes XXXI (recto et verso, 1989)
Encre sur papier

Ses œuvres sont nourrissantes, elles apportent une dose d’émerveillement et de beauté… en fait, comme disait sa mère, « elles donnent de l’oxygène! »

À l’occasion de son exposition, les éditions de Mévius publient un livre d’art permettant de découvrir une production inédite des carnets de ses dessins quotidiens. Cet ouvrage richement illustré trace un portrait de la pratique de l’artiste depuis 1974.

À visiter au 1700 La Poste jusqu’au 17 décembre.


Le 1700 La Poste
au 1700 rue Notre-Dame ouest 




jeudi 25 mai 2017

Pas si fou que ça le cerveau!




Publié par Esther Hardy le Jeu. 25 mai 2017 à 9h00 - Contenu original
Crédit photos: Esther Hardy, Archives

Dévoilée mardi dernier et présentée en collaboration avec le Musée Armand-Frappier, la nouvelle exposition Cerveau à la folie du Musée de la civilisation à Québec est tout simplement fascinante, riche en connaissances et étonnamment culturelle. De prime abord, le sujet me semblait aride et j’appréhendais une visite plus lourde au musée… J’ai été agréablement séduite et d’autant plus captivée par les nombreux angles explorés par l’équipe du musée. Du scientifique à l’artistique, du culturel à l’humain, cette exposition nous fait découvrir notre anatomie, nos capacités cérébrales et parcourt les mystères de tout acabit de notre boîte crânienne avec une aisance et un plaisir artistique.


Une exposition novatrice, car l’idée même de la présenter est venue de la commissaire qui en assume la responsabilité. Comme l'exposition Cerveau à la folie n’a jamais été présentée dans le monde auparavant, le musée de la Civilisation a eu toute la liberté de créer une exposition d’envergure sur ce sujet inédit et même de l’enrichir de consultation auprès de nombreux chercheurs et d’experts accessibles ici au Québec.





Cerveau à la folie nous dévoile des mystères du fonctionnement interne de notre cerveau en rapport avec nos sens, le monde extérieur et plus… Il nous parle autant de ses capacités, de sa structure et de ses facultés, que de la recherche, de l'historique des découvertes, de son fonctionnement, des traitements, etc.




On y regroupe des témoignages d’artistes, des études d’experts tel que Paul De Konnick (professeur de l’université Laval au centre de recherche Cervo), des informations sur l’activité cérébrale durant le sommeil et le rêve. On comprend que la maladie mentale peut diminuer certaines facultés et en exacerber d’autres. On prend plaisir à essayer de petits tests pour accompagner les informations factuelles. On explore les nombreuses capacités du cerveau, son évolution, son développement, sa croissance, ses réactions sous le stress, ses maladies, etc.






Cerveau à la folie est une exposition extrêmement riche en découvertes!


Poursuivant un des mandats du musée de vulgariser l’information, c’est avec une étonnante simplicité qu’on guide notre aventure dans les dédales du cerveau humain sans tomber dans la lourdeur des explications scientifiques compliquées ou qui pourraient même devenir bouleversantes dans le cas de la maladie mentale.


On apprend que notre cerveau contient des neurones d’apparences variées. Qu’ils forment un enchevêtrement d’une complexité effarante… On découvre pourquoi un enfant a plus de synapses qu’un adulte…






On s’étonne que la connexion entre nos neurones mis bout à bout fasse quatre ou cinq fois le tour de la terre, soit 180 000 km de fil. Et l’exposition l’illustre bien avec ses milliers de cordages qui la composent. Les textures de bois et les couleurs pâles sont aussi pensées en fonction de la thématique, chaque élément s’interconnecte comme dans notre boîte crânienne. Une magnifique structure de la colonne vertébrale fait guise de séparation entre deux des huit sections de cette riche exposition. Des zones spécifiques sont conçues pour les adolescents de huit à quatorze ans en quête d’expérimentation.



Une exposition demande normalement de deux à trois ans de préparation, celle-ci inspirait tellement l’équipe de création qu’un an a suffi à la fignoler. Cerveau à la folie couvre tout ce qu’on peut imaginer d’intérêt concernant cette partie plus qu’essentielle du corps, car comme on peut le lire dans l’exposition : « Sans cerveau, pas de vie!» On en convient, c’est une motivation puissante pour créer un lieu qui nous fait voyager dans ces mystères jusque-là inaccessibles à la plupart d’entre nous.






Qu’on s’intéresse à la science ou non, le savoir qui y est dévoilé, nous enrichit et complète nos connaissances générales.


Si le cerveau, ses facultés et ses capacités vous fascinent moindrement, faites un saut à Québec et offrez-vous le plaisir de visiter Cerveau à la folie, vous en sortirez satisfait et encore plus captivé par la richesse du fascinant fonctionnement de votre cerveau.


JUSQU'AU 11 MARS 2018 AU MUSÉE DE LA CIVILISATION DE QUÉBEC

dimanche 7 mai 2017

Stephan La Roche - de la scène au musée




Publié par Esther Hardy le Dim. 7 mai 2017 à 0h32 - Contenu original

Crédit photos: Musées de la civilisation, par Jessy Bernier

À l’orée de la cinquantaine, Stéphan La Roche a une feuille de route impressionnante. De la direction du Palais Montcalm à celle de la délégation du Québec à Paris, en passant par le Conseil des arts et des lettres du Québec, innovateur en gestion de la culture, il reçoit des offres de postes de direction sans se questionner sur ses ambitions, puisque ponctuellement d’autres perçoivent ses compétences et son expertise. On le voit de nouveau au Musée de la civilisation où il insuffle sa vision afin de transformer cette institution en un lieu d’ébullition créatif et de démocratie culturelle, tout en veillant à le placer au cœur de la collectivité et de la vie des Québécois.

Natif de Charny, les expériences théâtrales le destinent dès l’adolescence vers le métier de comédien. Ses implications au journal et au théâtre étudiants confirment son amour pour la culture, mais la promesse de choisir d’abord une profession libérale transforme ses aspirations. S’inspirant du cheminement du comédien Rémy Girard, il fait d’abord son cursus en droit à l’Université Laval. Conquis par l’aspect de la justice où la mise en scène, le développement de l’argumentaire, les contacts humains, la stratégie de négociation et plus encore sont prépondérants, il devient avocat.


Reliant ses forces et ses passions pour la culture, la gestion, le droit du travail, les relations publiques et humaines, c’est au Ministère de la Culture que de 1995 à 1997 Stéphan La Roche affine ses désirs et forge une à une ses compétences. En 1996, son travail de coordination des travaux et de la rédaction de la Politique de diffusion des arts de la scène, Remettre l’art au monde, témoigne de la qualité de cette importante éclosion.


« J’ai ainsi commencé ma vocation culturelle un peu par le hasard du destin. »


De 1995 à 1997, il assume d’abord les postes de Secrétaire du Conseil des Arts et lettres du Québec (CALQ) ainsi que de directeur de la planification et de la coordination. Quelques années plus tard, soit en 2008, il revient au CALQ pour œuvrer comme directeur de la musique et de la danse, de même qu’au poste de directeur de l'action territoriale, regroupant la coordination des activités internationales et des interventions régionales du CALQ.


Entre temps, il assume tour à tour les postes de directeur général du Bureau de la Capitale nationale de la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC) de 1998 à 2000, et c’est à ce moment qu’on lui offre de devenir directeur des Services culturels de la Délégation générale du Québec à Paris, poste qu’il assumera avec bonheur de 2001 à 2004.






Maison du Québec à Paris



« Difficile de refuser une offre telle que Directeur des Services culturels de la Délégation générale du Québec à Paris, et d’avoir comme tâche de promouvoir la culture québécoise. Une expérience stimulante, enrichissante qui transforme une vie. »


Ponctuellement, il reçoit une proposition sur la table qui le motive à changer de travail. « Je me demande alors : est-ce que je peux passer à côté de ça? J’ai été très chanceux dans ma vie en général et dans mon travail en particulier. En fait, j’ai juste saisi des occasions au moment où elles se sont présentées. Comme on le dit : Carpe diem ».


Ensuite, durant son dernier mandat au CALQ, il est nommé Président Directeur général, poste qu’il assume de 2013 à 2015. Principal subventionnaire des arts au Québec, ce poste au CALQ le comble, car il lui permet de déployer à la fois ses passions et ses forces. Cet amoureux des arts et de la culture y est vraiment heureux lorsqu’une nouvelle proposition lui est soumise.



C’est ainsi qu’à mi-mandat à la direction générale du CALQ, on lui offre celle des Musées de la civilisation à Québec. Comme son prédécesseur Michel Côté prend sa retraite, cette offre surprenante comporte plusieurs éléments affectifs déterminants qui le relient aux musées.



D’abord, elle lui permet de revenir vivre à Québec dans sa ville. Aussi, lorsqu’il est étudiant au Petit séminaire de Québec, c’est sur les bancs d’école qu’il acquiert ses premières connaissances des classiques au cœur même des riches collections de livres antiques qui, en 1995, ont été offertes au Musée de l’Amérique francophone et sont aujourd’hui sous la direction générale des Musées de la civilisation.




Roland Arpin


De plus, étonnement, le premier emploi qu’il occupe durant ses études et qui le marque beaucoup, est celui de guide-animateur au Musée de la civilisation. Présent dès son ouverture en 1988, il y vit les premières grandes expositions qui marquent beaucoup l’imaginaire des visiteurs de l’époque. Vingt-huit ans plus tard, on lui offre de devenir le président-directeur général des Musées de la civilisation en lieu et place de Roland Arpin qu’il admire. Cet érudit qui a reçu deux doctorats honorifiques, a été décoré de pas moins de cinq prix et nominations d’officier et de chevalier de divers ordres nationaux, fonde et dirige le musée de 1988 à 2001 durant son emploi d’animateur. Cette proposition surprend et touche d’autant plus Stéphan La Roche.


En outre, de 1984 à 1985, son frère archéologue, Daniel La Roche, a eu le mandat des fouilles sur le site même du musée avant sa construction. Il y découvre le quai et les barques dont une est actuellement exposée dans le grand hall du musée.




La barque dans le grand hall du musée ©AB


Son amour pour la capitale, son premier emploi, son lien avec le Petit Séminaire de Québec, les réalisations de son frère, le travail à la direction d’une institution phare et unique dans le domaine de la muséologie mondiale le séduisent et confirment l’importance que ce poste représente pour lui!


Ainsi que l'affirme l’adage au théâtre: « le rôle a trouvé son acteur! ».


Au moment de son embauche, le comité de sélection confirme son choix en ces termes: « Le comité souhaitait nommer à la direction générale de l'institution un visionnaire créatif issu du milieu de la culture, un leader inspirant et mobilisateur, un gestionnaire chevronné, un entrepreneur culturel doté d'un excellent sens des communications. Il a trouvé toutes ces qualités en la personne de monsieur La Roche qui a consacré sa carrière au milieu culturel ».


Premier du nom en Nouvelle-France, son ancêtre Michel Rognon dit La Roche serait fier de ses accomplissements et de ses engagements face au patrimoine culturel.


Stéphan La Roche est un homme qui démocratise le travail des équipes où il passe. On l’a constaté au CALQ pendant plusieurs années, il a d’abord questionné ses pairs et le milieu culturel pour connaître les besoins, développer une vision précise de ceux-ci, cibler des actions et mieux répondre aux exigences de ses fonctions.




Le Musée de la civilisation


Aguerri en consultation, il est conscient du génie et de l’expertise de chacun et sait en faire bénéficier l’œuvre commune. Maintenant à la direction du musée, tout ce qui a inspiré chacun des employés depuis le début de leur carrière dans cette institution sera mis à profit.


En bon père de famille qui veille sur chacun de ses enfants, il sait rassembler ses collaborateurs de tout acabit afin que chacun sente l’importance de sa contribution personnelle, autant dans le processus et les expositions que dans le déploiement des musées. Du guichetier aux chefs de service, tous ont le privilège d’influencer la programmation et même, de nourrir d’idées les futures expositions. Dans cette forme de gestion démocratique, de la programmation des activités et des expositions des musées, Stéphan La Roche innove et dans la même foulée, il guide le public ainsi que ses collaborateurs dans de nouvelles sphères d’expérience où la réflexion, la connaissance et l’émerveillement contribuent à enrichir chaque individu qui fréquente les Musées de la civilisation.


Stéphan La Roche sait tirer le meilleur d’une situation pour innover et apporter ce qui contribuera à la rendre incontournable. Ses débuts prometteurs au musée en témoignent, et sont garants de grands espoirs innovateurs…


Amoureux des arts, de la culture et doté de la compétence indiscutée à tisser des liens, son talent est de mettre en valeur le travail des autres et de faire rencontrer une œuvre et un artiste avec des publics. Stéphan La Roche s’évertue à faire rayonner l’art et la culture qu’il sert, là où il se trouve.


Vous me direz qu'avec une telle feuille de route cet homme doit avoir de grands rêves et d’incroyables ambitions… En effet, je me suis également posé la question et la lui ai posée… Sa réponse qui a tardé à venir m’a beaucoup séduite : d’abord parce qu’il n’y a jamais songé et finalement parce qu’il n’en a pas. Le seul désir de ce visionnaire est de se mettre au service de la collectivité afin de tisser des liens entre les artistes, le public et les œuvres. Et c’est cet ultime désir qui guide ses choix.


Son leitmotiv est tout simple : « L’important est d’avancer! ».


Pour souligner son engagement exemplaire à faire rayonner les arts et à consolider les relations culturelles entre le Québec et la France, il recevra le titre d’Officier de l’Ordre des Arts et des Lettres de la République française le 11 mai prochain à Québec.


J’ai le sentiment que Stéphan La Roche est le genre de personne qui contribue à faire de notre société un monde meilleur.



Cerveau à la folie


Ne manquez pas la prochaine exposition qui débutera le 17 mai: « Cerveau à la folie ». Car comme le dit si bien son directeur : « Le Musée de la civilisation est celui de tous les Québécois! ».

samedi 8 avril 2017

«Vide et Vertige» de beauté





Publié par Esther Hardy le Sam. 8 avril 2017 à 15h10 - Contenu original

Crédit photos: Guy L'Heureux


Amateurs d'art, vous connaissez sûrement ce trésor au coeur de Griffintown qu'est le 1700 La Poste. Sinon, je vous suggère fortement d'y faire une balade pour découvrir cette magnifique galerie d'art! Le 1700 La Poste est un lieu étonnant, rénové avec une expertise évidente, sous les bons soins de la généreuse mécène, Isabelle de Mévius.




Isabelle de Mévius présente "Vide et Vertige"


Inspirée par son amour pour l'art, Mme de Mévius a choisi le Québec pour déployer sa vision et son désir de révéler le souffle derrière chaque œuvre d'art. Belge de naissance, elle a trouvé chez nos artistes québécois, la motivation qui l'incite à mettre en valeur leurs œuvres d'art et elle le fait avec une habileté impressionnante, entourée d'une équipe d'expert et d'historien.


Mme de Mévius est l'âme qui insuffle l'impulsion, la vision et la volonté derrière chacune des expositions de cette magnifique galerie d'art.




L'ancien bureau de poste



D'abord le lieu, le 1700 La Poste est situé au 1700 Notre Dame Ouest. Cet ancien bureau de poste célébrait son centième anniversaire en 2013, au moment de la prise de possession de Mme de Mévius et de son équipe. L'architecture du siècle précédent qu'on ne pourrait reproduire aujourd'hui tant les coûts seraient onéreux, en fait un lieu débordant d'un charme historique et d'une dignité que sa nouvelle propriétaire a su judicieusement exploiter.



Le 1700 La Poste est une galerie d'art qui offre des expositions aisément comparables à celles qu'on retrouve dans les musées, tant sa qualité est appréciable. Pour chaque artiste qu'elle reçoit en ses murs, elle offre une présentation personnalisée, adaptée à l'esprit derrière la vision artistique de l'artiste et à la genèse de l'œuvre qui en révèle toute son essence.


« Vide et Vertige » est la septième exposition du « 1700 La Poste » depuis son ouverture en 2013. Vous pouvez y admirer les œuvres de Jocelyne Alloucherie, Ivan Binet et Mathieu Cardin jusqu'au 18 juin. Et l'exposition vaut vraiment le coup d'œil… Voyager dans l'univers de ces trois artistes, c'est découvrir des textures, des nuances, des visions d'endroits qu'on connaît parfois et qui sont réinventées sous le regard créatif et visionnaire de leurs objectifs ou de leurs adroites mains.




Chute 1


Dès l'entrée, on est accueilli par les majestueuses portes qui s'ouvrent sur la première œuvre, un des superbes clichés d'Ivan Binet. Natif de la Capitale nationale, Binet a chassé à l'aide de son objectif, les textures et profondeurs de la nature et de ses éléments dans le Parc Montmorency entourant les chutes du même nom. Mais, à moins que vous connaissiez le lieu par cœur, vous ne pourrez aucunement l'identifier ou le reconnaître. Car tel un peintre, Binet sait développer un regard neuf, sous des angles créatifs, produisant des textures, des reliefs et des profondeurs délicieusement vertigineuses.




Brume 2


À l'étage, vous serez étonné par la beauté de la brume de l'aube, sous les glaciers que vous pourrez admirer dans différents coups d'œil. Judicieusement disposés pour que vous puissiez porter de multiples regards, les nuances des textures et des reliefs glacials vous étonneront. Car Jocelyne Alloucherie, photographe émérite, nous fait découvrir la matière givrée des icebergs sous un regard neuf. Telles des curiosités géologiques dans la blancheur du lever de soleil, elle a su extirper l'exceptionnel grâce à son objectif.





L'invention des images



Puis, ce sera le génie de Mathieu Cardin qui vous émerveillera. Artiste contemporain d'expérience, il module ses sculptures comme il le ferait à l'aide d'une caméra et y développe des images pour nous raconter un récit. Avec des montagnes, des jeux de perspective, il nous fait vivre une expérience sensorielle et dynamique. Son expérience en cinématographie se matérialise dans une vision de l'objet et du paysage que l'on connaît habituellement à travers les films, mais plus rarement incarnée concrètement sous nos yeux, avec en ajout, le plaisir de pénétrer à l'intérieur de son installation pour en découvrir les secrets.


Depuis l'ère conservatrice, l'aide aux artistes n'a pas beaucoup évoluée au Québec. Alors, des âmes généreuses et amoureuses des arts comme Mme de Mévius sont une priorité pour que nous puissions admirer des œuvres magnifiques comme celles de Jocelyne Alloucherie, Ivan Binet et Mathieu Cardin présentés sous un regard neuf au 1700 La Poste.


Un livre souvenir de l'exposition, réunissant les œuvres des trois artistes exposés, est aussi disponible sur place ou en ligne. Un complément de qualité ou un cadeau magnifique qui réunit ces œuvres afin de les garder bien vivantes dans nos souvenirs.


mardi 18 octobre 2016

11 bibliothèques la nuit, fabuleuse visite virtuelle signée Lepage


Publié par Esther Hardy le Mar. 18 octobre 2016 à 16h50 - Contenu original

Crédit photos: Stéphane Audet

Le Musée de la civilisation à Québec présente l’exposition « La Bibliothèque la nuit » du 13 octobre au 2 avril 2017. Ce grand voyage autour du monde à travers un regard sur ces dix fascinantes institutions livresques réelles ou imaginaires, est une suite de la célébration des dix ans de la BANQ avec en prime, un ajout essentiel, une onzième bibliothèque. Robert Lepage avec sa compagnie Ex Machina et Alberto Manguel sont les artisans de cette formidable aventure virtuelle qui s’incarne dans le concret avec un ajout à la version initiale présentée à Montréal en 2015.


Si vous avez manqué ce regard intérieur dans dix bibliothèques prestigieuses du monde présenté l’an passé à la Grande Bibliothèque, vous avez une seconde chance de vivre cette belle expérience immersive, et cette fois, en une version enrichie par les trésors ancestraux de la précieuse Bibliothèque du Séminaire de Québec. Une chance en effet, car cette grande exposition se prépare à faire ensuite le tour du monde : Paris, Amsterdam, Barcelone, etc.




Alberto Manguel dans sa bibliothèque


Robert Lepage s’est inspiré de l'essai «La bibliothèque la nuit» œuvre de son ami et écrivain Alberto Manguel qu’il a visité il y a une quinzaine d’années et avait été frappé par son impressionnante bibliothèque de 35 000 livres. Auteur, essayiste et journaliste, Alberto Manguel a publié de nombreuses anthologies, romans, traductions et essais pour lesquels il a reçu une vingtaine de prix et distinctions soulignant son talent.



Une expérience sensorielle…



Ce qui distingue « La Bibliothèque la nuit » des expositions conventionnelles est que la majorité de cette exposition se fait dans un voyage au cœur d’une forêt virtuelle en utilisant la technologie VR 3D 360 degrés. On entre d’abord dans l’antichambre. Cette première pièce de l’exposition est une reproduction de la magnifique bibliothèque personnelle d’Alberto Manguel. Tout a été pensé, on se sent dans l’antre de l’auteur. Des gouttelettes tambourinent les fenêtres nous inspirant à la découverte et au confort de la lecture, tandis que nous entendons Alberto lui-même nous expliquer qu’une bibliothèque est un boisé de spectre de mots.


La visite se poursuit ensuite dans une forêt virtuelle. On s’assoit, on enfile le casque de vision « Oculus Rift », les écouteurs et on est alors immergé dans ce monde virtuel sensoriel où on peut sélectionner une à une chacune les dix bibliothèques autour du monde et visiter ces lieux réels d’où les images ont été prises en 360 degrés.


D’Ottawa à Paris, en passant par Copenhague, Kamakura au Japon, Sarajevo, Mexico, Alexandrie, Washington, Admont en Autriche puis la visite de la bibliothèque imaginée de Jules Verne, nous voyageons au cœur de chacune des cultures de ces lieux prestigieux. Chaque visite d’une durée approximative de cinq à dix minutes nous fait découvrir l’histoire, l’architecture, les mésaventures, et même les fantômes des gens qui ont fréquenté ces lieux!





L’aventure se poursuit ensuite par la découverte de précieux livres choisis de la remarquable collection du Séminaire de Québec. On peut ainsi admirer de visou ces fabuleux livres historiques! Ce qui fait la rareté de cette collection est la conservation de tous les livres et manuels utilisés lors des études à l’institution qui est à l’origine de la première université en Amérique du Nord. Donc, de nombreux documents précieux tels que l’édition de 1605 de « Don Quichotte » de Cervantes, l’œuvre complète de Shakespeare publiée en 1873, les « Métamorphoses » d’Ovide traduite et publiée en 1651, d’un manuel d’astronomie scientifique de Kepler qui date de 1627… et bien d’autres trésors.


L’exposition débute à peine et elle a déjà reçu une récompense! Dans le cadre des Prix de la Société des musées du Québec 2016, le prix de l’Audiovisuel et multimédia de Télé-Québec lui a été remis le 6 octobre dernier.

Cette remarquable exposition est une richesse culturelle impressionnante qui vaut le détour! À voir!